Pendant des années les enfants gardés par cette nounou n'ont jamais eu de signes médicaux inquiétants. Mais fin 2018 et début 2019, deux familles s'inquiètent, leurs bébés gardés par la même femme présentent des problèmes médicaux. "Il était bizare, il était blanc", confie la belle-fille de la nounou qui appelle le SAMU face à l'état de l'enfant. Un autre vomi, "j'avais jamais vu un enfant aussi blanc", dira une maman partice civile, en évoquant avec dignité les conséquences sur son fils même six années plus tard.
La nounou qui a son habilitation depuis 2014 et qui a gardé pendant son activité 17 autres bébés en totalité, nie en bloc les accusations. Elle n'a jamais eu de problèmes avec des enfants ou des familles avant ces deux cas... Car il lui est reproché des maltraitances, précisément "le syndrome du bébé secoué". "Les deux familles ne se connaissent pas et les deux enfants présentent des symtômes similaires au même moment. Le lien entre les deux enfants c'est vous madame", interroge le président du tribunal correctionnel. La prévenue, 57 ans, affirme : "je n'ai jamais eu de gestes inappropriés". " Je suis accusée de quelques choses de terrible que je n'ai pas fait, je n'y suis pour rien ", poursuit-elle des trémolos dans la voix et en répétant son innocence.
Pourtant les médecins spécialites du CHU de Montpellier sont précis : " Il s'agit de traumatismes non accidentels" certifie le neurologue. Ensuite l'expert judiciaire et médecin légiste, le docteur Benslima, enfonce le clou dans son certificat médical : " le diagnostic de maltraitance est justifié"
Le tribunal correctionnel de Nîmes a rendu sa décision ce jeudi à 13h30. La nounou ne pourra plus exercer, elle a une interdiction définitive d'exercer une activité auprès des mineurs. Elle est condamnée à 4 ans de prison dont deux années avec un sursis probatoire. Un sursis probatoire avec une obligation de soins, celle d'indemniser les victimes. Elle ne doit pas approcher des enfants victimes et de leurs parents.
Elle a dix jours pour faire appel.