Publié il y a 1 h - Mise à jour le 22.10.2026 - AS - 3 min  - vu 37 fois

NÎMES Après les violences, Éric Giraudier réclame des mesures fortes pour protéger les commerçants

Éric Giraudier
Photo archive Objectif Sud

À l'approche d'une nouvelle manifestation samedi 24 octobre, le président de la CCI du Gard hausse le ton. Après les pillages et les dégradations du week-end dernier, Éric Giraudier demande à l'État de garantir la sécurité des commerces et aux collectivités de mettre en place des aides d'urgence.

La colère ne retombe pas chez les commerçants nîmois. Après les violences du samedi 17 octobre, qui ont touché près d'une quinzaine de commerces, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Gard, Éric Giraudier, monte au créneau. À deux jours d'une nouvelle mobilisation, il réclame des mesures immédiates pour éviter que les mêmes scènes se reproduisent.

« Nos commerçants ne doivent plus être les victimes systématiques des manifestations et des hordes de casseurs », dénonce le président de la CCI du Gard. Pour lui, la situation ne peut plus durer. Entre les vitrines brisées, les pillages, les pertes d'exploitation et la baisse de fréquentation, c'est toute l'économie du centre-ville qui se retrouve fragilisée.

« Le droit de manifester est un droit fondamental. Mais un droit de bloquer les commerces, de détruire des vitrines, de piller des magasins et d'empêcher les clients d'accéder aux points de vente, ce n'est pas acceptable. »

Éviter les manifestations dans les rues commerçantes

Éric Giraudier a rencontré la préfète du Gard et lui a adressé un courrier pour réclamer une réponse plus ferme des pouvoirs publics. Parmi ses demandes, une application stricte des règles encadrant les manifestations, une révision des itinéraires pour éviter les principales artères commerciales et, lorsque les conditions légales le justifient, l'interdiction de certaines manifestations non déclarées.

Le président de la CCI souhaite également que soit étudiée la possibilité d'un couvre-feu pour les mineurs, dans le respect du cadre légal.

« Il faut une police forte et une justice ferme. Les commerçants ont besoin d'être protégés. Ils ne peuvent pas être contraints de financer eux-mêmes leur sécurité privée pour tenter de continuer à travailler, voire pire : songer à s'autodéfendre ! »

Il interpelle par ailleurs les maires de Nîmes, Alès et Bagnols-sur-Cèze afin qu'ils se mobilisent pour éviter que les cortèges traversent systématiquement les rues commerçantes, notamment le samedi, journée essentielle pour l'activité économique.

Un fonds d'urgence pour les commerçants sinistrés

Au-delà des mesures de sécurité, la CCI du Gard souhaite obtenir des réponses économiques rapides. Éric Giraudier appelle les collectivités à étudier la création d'un fonds d'aides d'urgence, qui pourrait être coordonné par la chambre consulaire, pour accompagner les entreprises victimes de dégradations.

Depuis dimanche, les équipes de la CCI sont mobilisées pour recenser les dégâts et accompagner les professionnels. Plusieurs dispositifs sont évoqués : recours dérogatoire au chômage partiel, reports de charges sociales et fiscales, facilités de trésorerie, délais supplémentaires pour les déclarations aux assurances et solutions de financement.

Un guichet unique doit aussi être mis en place avec plusieurs partenaires, particulièrement l'Urssaf, la direction des finances publiques et les établissements bancaires.

À quelques semaines des fêtes de fin d'année, la situation inquiète particulièrement le président de la CCI. Les commerçants doivent déjà préparer leurs commandes et engager des dépenses importantes, alors même que la fréquentation du centre-ville souffre des manifestations répétées.

« Casser une boutique, c'est parfois prendre le risque de la voir fermer définitivement. Nous devons éviter que des entrepreneurs qui ont déjà investi toute leur énergie et leurs économies soient contraints de baisser définitivement le rideau. »

Pour Éric Giraudier, la priorité est désormais de rétablir la confiance et de faire revenir les clients dans les commerces. « La sécurité est une condition essentielle de la reprise de l'activité. »

Les commerçants concernés peuvent contacter directement la CCI du Gard à l'adresse mailto:crise@gard.cci.fr

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