Le climat est particulièrement tendu autour de l'association TEEF à Tarascon. Depuis l'arrivée de la nouvelle municipalité conduite par Alexandre Ducouret, les relations entre la Ville et les dirigeants de cette structure d'accompagnement social et professionnel se seraient progressivement dégradées.
À l'origine du conflit figureraient plusieurs décisions municipales. La subvention annuelle accordée à TEEF aurait été réduite de moitié, passant de 40 000 à 20 000 euros en 2026. La municipalité souhaiterait également récupérer les locaux de l'association pour y installer la police municipale, avec une restitution prévue le 14 décembre. Certaines activités, notamment dans l'accompagnement scolaire, auraient également été reprises sous une autre forme par la Ville.
Des décisions contestées par les responsables associatifs, notamment l'ancien président Henri Niederoest, qui met en cause les choix municipaux et leurs conséquences sur l'avenir de TEEF.
Les salariés dénoncent une direction absente
Mais l'affaire vient de prendre une tournure inattendue. Dans deux courriers adressés à la presse, les représentants du personnel expriment leur inquiétude et prennent ouvertement leurs distances avec leur direction.
Ils dénoncent une absence de dialogue depuis plusieurs semaines et un manque total de visibilité sur l'avenir de l'association. Selon eux, les salariés ne disposeraient plus d'interlocuteur clairement identifié, malgré leurs nombreuses sollicitations.
Dans leur second courrier, les représentantes du personnel contestent directement la responsabilité attribuée à la municipalité dans une éventuelle fermeture.
« Il est particulièrement choquant de voir (...) la version de la direction, qui accuse la nouvelle municipalité d'une potentielle fermeture de l'association. C'est totalement faux ! », écrivent-elles.
Elles poursuivent : « La réalité est que si la direction avait réellement voulu travailler conjointement avec la nouvelle municipalité, l'association TEEF pourrait aujourd'hui être sauvée. »
Les salariées dénoncent également « un isolement total et un silence radio ». Elles évoquent le départ prochain de la directrice, sans confirmation officielle ni date précise. Selon elles, des divergences politiques et personnelles seraient à l'origine de cette situation, au détriment des salariés et des usagers. Des accusations sévères qui restent toutefois à confronter à la version des dirigeants concernés.
Alexandre Ducouret refuse de servir de bouc émissaire
Dans un communiqué diffusé vendredi 6 novembre, le maire de Tarascon conteste fermement les accusations formulées contre sa municipalité.
« Je refuse que la Ville de Tarascon soit désignée comme responsable de tous les problèmes de TEEF sans que les faits soient établis », déclare Alexandre Ducouret.
L'élu rappelle que, dans un courrier adressé aux salariés le 2 novembre, le président de l'association aurait annoncé la décision collective des membres du conseil d'administration de mettre fin à leur mandat. Une décision qui, selon lui, relève de la responsabilité des dirigeants associatifs.
S'il reconnaît que les choix municipaux concernant les subventions, les activités et les locaux peuvent être discutés, Alexandre Ducouret refuse qu'ils expliquent à eux seuls les difficultés de TEEF.
Le maire a d'ailleurs décidé de rendre public le courrier des représentantes du personnel. « Je n'accepterai ni les procès d'intention ni les tentatives de faire de la municipalité un bouc émissaire », insiste-t-il.
Quel avenir après le 14 décembre ?
Reste désormais la question essentielle : que va devenir TEEF ? L'association, dont le budget annuel atteindrait environ 1,2 million d'euros, assure plusieurs missions d'accompagnement auprès de la population. La perspective de perdre ses locaux et les incertitudes concernant sa gouvernance fragilisent son avenir.
À ce stade, aucune solution définitive de relogement ou de poursuite des activités n'a été confirmée dans les documents communiqués. Malgré les tensions, les équipes affirment continuer d'assurer leurs missions auprès du public.
À l'approche du 14 décembre, les salariés attendent désormais des réponses concrètes. Car derrière ce bras de fer politique et associatif, ce sont des emplois, des missions sociales et l'accompagnement de nombreux habitants de Tarascon qui sont aujourd'hui en jeu.