« Je suis rincé mais quelle beauté ! » ou « Attends, on en reparle quand j’ai vomi, ok ? » sont des propos habituels sur les lignes d'arrivée de la Veni Vici. Bien plus que du sport, la Veni Vici fait découvrir un axe touristique majeur en France, fierté de tous les Gardois, Uzès, Pont du Gard, Nîmes.
Courir. Souffrir. Rougir ou pâlir. Sourire et finir. Avec la Veni vici, les enjeux, les buts de chacun, sont divers et variés mais la performance doit être à la clé. Tant d’efforts réalisés tout au long de l’année pour voir défiler la garrigue gardoise, partir du Pont du Gard et arriver à Nîmes. Le long du patrimoine antique encore visible, l’environnement naturel est sublimé. C’est aussi pour cela, au-delà des données statistiques, que la Veni vici existe. Valoriser le patrimoine local aux yeux des sportifs. Des yeux qui doivent être doublement écarquillés tant la vision est belle.
« Je la fais chaque année depuis cinq ans. Je suis un faux coureur car je change souvent de parcours, j’aime varier les entraînements. Il y a une ambiance différente pour chaque course et, honnêtement, les parcours nous font découvrir le patrimoine et la garrigue, c’est assez fou ! Dans l’effort, il m’arrive d’avoir la gorge serrée en repensant au passé et aux Hommes qui ont bâti ce qui est encore debout et nous fait rêver depuis 2 000 ans. J’ai l’habitude de courir et de participer à des courses du genre, de grosses courses, mais celle-là, et pas seulement parce que je suis Gardois, est différente. Il y a un petit plus ! »
Au pied du plus célèbre pont romain du monde jusqu’au rempart de la cité des Antonin, la course promettait des passages magnifiés. Cependant, la grande arrivée festive qui avait été pensé comme le clou du spectacle, n’a pas pu être accordé à cause des mouvements sociaux. Pas de prise de risque, les arènes sont en cœur de ville, l’organisation se replie sur les hauteurs et la cour de l’ancien fort Vauban devenu Nîmes université. Une dernière montée qui a fait cracher les ultimes capacités pulmonaires.
Si on ne parle que de la course, elle est elle-même scindée en plusieurs catégories. En version randonnée en 16 km, et en version marche nordique en 33 km. Pour les catégories run, 18 km, 33 km, 52 km et 87 km. Rien que ça… Et dites-vous que, hormis les 87 km et 52 km dont l’arrivée se faisait à Nîmes, les autres distances affichaient « complet ».
Le plus long parcours partait d’Uzès, passait par le Pont du Gard pour arriver à Nîmes après, vous l’imaginez, quelques échappées belles entre tout ça. Le 52 km reliait plus simplement le Pont du Gard à Nîmes, le parcours de 33 km se déroulait entre Uzès et le Pont du Gard. 4 500 coureurs tout de même… !
« C’était un plaisir ! Je ne pensais pas y arriver mais je l’ai fait ! C’est le dépassement que je cherchais. Je ne pensais pas en avoir les ressources mais je me suis prouvée que, si je le voulais, je pouvais m’accrocher et surmonter le mal. C’est une belle leçon que je viens de prendre. Ma famille semble fière, ma fille a les yeux qui brillent, je suis une maman heureuse grâce à la Veni Vici. »
Parmi les heureux, on en aura même vu, à Nîmes, franchir la ligne d’arrivée en couple (dont une moitié en civil) ! Pour d’autres, il s’agit d’une sortie atypique, qui rompt avec le quotidien. « Ma femme est un ange ! Elle me laisse toute l’année courir seul comme un couillon, elle me soutient constamment. Je culpabilise tout le temps de partir seul mais ici, à Nîmes, elle est venue avec moi pour le week-end et nous passons du temps ensemble. Je suis le plus heureux du monde pour cela, je la remercie infiniment », avoue un participant parisien les larmes aux yeux. Et sa compagne de l’embrasser, reconnaissante de ses mots.
La Veni vici, c’est bien entendu une compétition très disputée mais c’est aussi un immense rassemblement humain dans lequel chacun trouve sa place pendant l’effort. Les vertus sont multiples et dès l’année prochaine le Gard attendra impatiemment la 12e édition de cette course vraiment à part.
Les résultats sont à retrouver ici, mais sachez que des participants arriveront encore sur la ligne d’arrivée vers minuit dans la nuit de ce samedi à dimanche ! Force et honneur à eux ! Le vainqueur du 87 km, Sydney Belvegue, a fini la course en 7h13...