Le nom du restaurant, Ni-moi-ni-toi, vient d'une blague que des Montpelliérains lui faisaient en internat, une façon de railler la prononciation nîmoise. "C'était une évidence d'appeler ce restaurant comme ça", dit-il avec le sourire. Après un lycée hôtelier à Montpellier puis une formation à Vatel Nîmes pour la partie administrative, Tom monte à Paris en tant que concierge privé. En testant les restaurants de la capitale, il constate un manque. "Il y avait des bars toulousains, ardéchois, mais pas de Nîmes." L'idée germe alors de créer un lieu qui porte les valeurs, les saveurs et l'ambiance de sa ville.
Un bar du sud des années 70, avec une boule disco
Le lieu, dégotté un matin au petit-déjeuner dans l'établissement qu'il allait racheter, a été transformé en un bar à la déco rétro-disco, avec des affiches de la feria et une ambiance qu'il décrit lui-même comme "un vieux bar des années 70 du sud qui pourrait se trouver à Nîmes." Du mardi au samedi de 9h à 2h du matin, Ni-moi-ni-toi propose le matin un petit-déjeuner à 9 euros, le midi une formule du jour avec produits frais à 19 ou 24 euros, l'après-midi une carte de boissons, et à partir de 19h une carte tapas aux influences méditerranéennes, espagnoles et marocaines. Le jeudi, vendredi et samedi à partir de 22h45, la lumière se tamise, la boule disco s'allume et on danse.
Des spécialités comme la brandade ou la tapenade
Sur la carte, Tom Lautrec a tenu à faire rayonner les saveurs du sud. Brandade de Nîmes, tapenade noire, olives vertes provençales, pissaladière, côteaux du Pont du Gard, Croix Hermitage, côtes de Provence. Et un dessert pensé comme un clin d'œil identitaire fort, une crème brûlée à la fleur d'oranger, imaginée avec sa cheffe Mona, 23 ans, originaire de Nice, pour évoquer la fougasse d'Aigues-Mortes sans pouvoir la reproduire à l'identique. "Chaque Nîmois qui vient ici, à chaque fois qu'il met sa cuillère à l'intérieur, comprend totalement le goût que pourrait avoir une fougasse d'Aigues-Mortes." Le cocktail maison, lui, s'appelle le Ni moi ni toi. C'est un Tito de Verano, du vin rouge avec du Schweppes agrumes. "C'est un pur bonheur, mais c'est assez traître."
200 Nîmois en une semaine
Le succès est immédiat. En une semaine à peine, Tom Lautrec dit avoir accueilli près de 200 Nîmois, certains qu'il connaît, d'autres pas. "C'est assez ouf de se dire qu'on a vraiment un truc à Nîmes, on est assez chauvins sur notre nom." Mais l'ambition va au-delà de la communauté nîmoise. "J'ai envie d'avoir ces Parisiens qui montrent qu'en fait, Nîmes est une belle ville et qu'on sait rayonner partout où on va." À terme, si l'aventure se confirme, Tom Lautrec n'exclut pas d'ouvrir un deuxième établissement dans un autre arrondissement. "Paris, c'est un grand Nîmes multiplié par beaucoup." Pour l'heure, il se concentre sur ce premier restaurant où il a, dit-il, "mis tout son cœur et toute son âme."