Il faut bien reconnaître une chose. Après la conférence de presse de l’Association Nîmes Olympique lundi matin, beaucoup de Nîmois n’ont pas compris grand-chose. 130 000 euros de déficit pour l’Association. 500 000 euros pour la SAS. 450 000 euros réclamés d’un côté. Des factures contestées de l’autre. Et, au bout du compte, un déficit global annoncé autour de 630 000 euros. Vous suivez toujours ? À force de chiffres, de factures et de responsabilités que chacun tente de se renvoyer, Nîmes Olympique est en train de retomber dans ce qu’il sait malheureusement faire depuis trop longtemps : les chicayas. Et les Nîmois commencent à s’en fatiguer. Alors essayons de comprendre. L’Association et la SAS sont liées par une convention qui fixe les responsabilités et les dépenses de chacune. L’Association considère que certaines factures adressées par la SAS ne correspondent pas au cadre prévu. Dans le même temps, elle estime devoir refacturer certaines dépenses concernant directement l’équipe première : primes de joueurs, loyers ou frais liés au fonctionnement de la structure professionnelle. Et pour comprendre les 630 000 euros de déficit indiqués lundi, il faut revenir à l’été 2025. À cette époque, il fallait sauver Nîmes Olympique. Et vite. Thierry Cenatiempo et plusieurs chefs d’entreprise nîmois se sont engagés. Certains ont apporté de l’argent sous forme de mécénat, de partenariat ou sont entrés au capital. Et la majorité municipale de l’époque est fortement passée à la caisse. La DNCG rappelle d’ailleurs que 1,205 million d’euros de subventions municipales avaient été attribués à l’Association. Sans cette mobilisation, il n’est même pas certain que le club aurait pu repartir. Il ne faudrait pas l’oublier aujourd’hui. Dans cette construction financière réalisée dans l’urgence figurait aussi un objectif particulièrement ambitieux de recettes commerciales. La DNCG l’écrit noir sur blanc. Dans son courrier adressé au club le 29 juin dernier, le gendarme financier du football rappelle qu’un contrat signé avec la société Dixicom le 11 juillet 2025 prévoyait un minimum garanti de 800 000 euros HT. Dans le même document, la DNCG constate finalement 449 000 euros de partenariats et 212 000 euros de mécénat. Cela ne signifie pas que Dixicom n’a rien apporté. Bien au contraire. Mais cet écart pèse forcément aujourd’hui dans les tensions financières. Et là encore, la DNCG est très claire. Elle indique que Thierry Cenatiempo a pris la décision de ne pas activer le minimum garanti prévu avec Dixicom pour la saison dernière et de reporter cette garantie sur l’exercice 2026-2027. Une décision que le président de la SAS assume. Lui qui a mis de l’argent, pris des risques et permis, avec d’autres, à Nîmes Olympique de continuer son histoire. Désormais, il faut sortir par le haut. Car derrière les querelles entre l’Association et la SAS se profile une échéance hautement importante : dans quelques semaines, Nîmes Olympique devra présenter ses comptes définitifs et expliquer à la DNCG la différence entre les prévisions de la saison dernière et leur réalisation. Dans l’intervalle, une augmentation de capital est annoncée. Thierry Cenatiempo promet des nouveaux actionnaires dans les prochains jours pour garantir l’avenir du club sur les deux prochaines saisons. Tant mieux. Mais cela ne réglera pas toutes les questions posées aujourd’hui. Surtout, pendant que tout ce petit monde se dispute pour savoir qui doit 100 000 euros à l’autre, il y a des joueurs qui jouent, des salariés qui travaillent, des partenaires qui paient et des supporters qui, eux, ont déjà suffisamment souffert ces dernières années.
Publié il y a 6 h -
Mise à jour le 16.09.2026 - Abdel Samari - 3 min
ÉDITORIAL Nîmes Olympique : il est temps de sortir des chicayas
Aux côtés de Yannick Liron, Thierry Cenatiempo
- Photo : Anthony Maurin.Entre l’Association et la SAS Nîmes Olympique Ensemble, les chiffres s’accumulent, les factures se croisent et les versions divergent. Au milieu, les Nîmois commencent à perdre patience. Pourtant, certains éléments permettent aujourd’hui d’y voir un peu plus clair.
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Abdel Samari