Objectif Sud : Comment Simon Casas et son entreprise ont-ils vécu la perquisition menée ce jeudi ?
Guillaume Barnier : La perquisition s’est déroulée dans un cadre tout à fait serein. Mais c’est la méthode qui interpelle un peu. Il n’y a pas eu d’audition ou de confrontation depuis plus d’un an et demi. Et là, le jeudi de la Feria des Vendanges, on vient organiser ces perquisitions dont on pouvait parfaitement penser qu’elles seraient très médiatisées, puisque le domicile de l’ancien maire de Nîmes a également été perquisitionné.
Simon Casas est-il personnellement affecté par ce qui se passe ?
Oui. Il est atteint moralement et tout cela lui fait beaucoup de mal. Il y a forcément de l’incompréhension face à la manière dont les choses se déroulent.
Sur quoi porte précisément cette nouvelle perquisition ?
Elle intervient dans le cadre de la même enquête préliminaire ouverte il y a plus d’un an et demi. Au regard notamment de la perquisition menée au domicile de Jean-Paul Fournier, nous comprenons que les enquêteurs s’intéressent particulièrement au volet concernant les conditions d’attribution du contrat et donc à un éventuel favoritisme.
Justement, sur ce volet du favoritisme, que répondez-vous ?
Je rappelle encore une fois que le contrat a été attribué après une procédure de mise en concurrence. Cette procédure de mise en concurrence a été soumise au juge administratif dans le cadre d’un référé engagé par des concurrents. Maintenant, je veux bien voir comment on va caractériser un éventuel délit de favoritisme. Il faudra regarder concrètement les éléments sur lesquels travaillent les enquêteurs.
Vous restez donc convaincu de la régularité de l’attribution de ce contrat ?
Oui. Il y a eu une procédure de mise en concurrence. C’est quand même difficile, à l’échelle d’une ville comme Nîmes, d’interférer dans ce type de procédure. Désormais, attendons de voir ce qu’il y a réellement dans le dossier et ce qui est exactement reproché.
« Le jeudi de la Feria, c’est forcément étonnant »
Ce qui vous surprend également, c’est le moment choisi pour effectuer ces perquisitions ?
Objectivement, oui. Depuis que l’information est sortie dans vos colonnes, je reçois beaucoup de messages de personnes qui s’interrogent, elles aussi, sur cette temporalité. Le jeudi de la Feria des Vendanges, c’est forcément étonnant.
Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas comme si les enquêteurs ne savaient pas où trouver Simon Casas. S’ils voulaient saisir son téléphone ou des données informatiques, ce n’était pas très compliqué de le faire ou de lui demander de se présenter. Cela fait un an et demi qu’il a été entendu. S’il avait eu des choses à cacher, il aurait eu largement le temps de le faire.
Vous considérez que cette opération était destinée à être médiatisée ?
Je ne peux évidemment pas affirmer quelles étaient les intentions des enquêteurs. Je constate simplement la temporalité. Une perquisition le jour de l’ouverture de la Feria des Vendanges dans les locaux de Casas & Co et, parallèlement, une perquisition au domicile de l’ancien maire de Nîmes. On pouvait parfaitement imaginer que tout cela aurait un retentissement médiatique important.
Vous parlez d’une méthode qui « interpelle ». Vous allez jusqu’à considérer que Simon Casas est particulièrement visé ?
Ce que je peux dire, c’est qu’il ressent durement cette situation. Tout cela lui fait beaucoup de mal. Sur le fond, maintenant, nous attendons de pouvoir regarder précisément les éléments du dossier et de comprendre ce qui est recherché.
Ces perquisitions changent-elles quelque chose à votre ligne de défense ?
Non. Sur le fond, notre position reste la même. Nous rappelons qu’il y a eu une procédure de mise en concurrence pour l’attribution du contrat. Il faudra ce jour-ci voir quels éléments les enquêteurs considèrent comme susceptibles de caractériser une infraction.
Simon Casas reste donc serein judiciairement ?
Nous attendons de voir ce qu’il y a réellement dans le dossier. Humainement, évidemment, il est touché. Mais judiciairement, nous allons continuer à défendre notre position et à répondre aux enquêteurs comme nous l’avons fait depuis le début de cette affaire.