Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.11.2026 - B.DLC - 3 min  - vu 82 fois

NÎMES Violences entre colleurs d'affiches lors des municipales : quatre condamnations

Des violences ont été commises entre les deux tours de l'élection municipale de Nîmes en mars dernier. Ce jeudi 5 novembre 2026, quatre prévenus ont été condamnés, dont trois d'une même famille… Ces derniers ont annoncé, par la voix de leurs avocats, leur volonté de faire appel.

L'affaire avait fait grand bruit dans l'entre-deux-tours des municipales à Nîmes. Le 20 mars en soirée, alors que la campagne officielle se termine, et à 48h du second tour, une violente rixe éclate sous les arcades de l'ancienne route d'Alès à Nîmes. Quatre militants de gauche affichent le visage de Vincent Bouget sur une pancarte lorsqu'un militant de droite arrive. Il s'agit d'un jeune de 20 ans, fils d'un élu gardois de premier plan. On lui aurait empêché d'afficher les couleurs de son candidat.

"C'est un gamin de 20 ans, il voulait afficher, on lui a interdit et il a pris peur. Il appelle sa mère. Cette dernière appelle son frère", raconte maître François Jehanno qui défend le "tonton" arrivé sur place en scooter pour défendre l'honneur du neveu. Après, difficile de savoir qui a fait quoi… Qui est victime ? Qui est l'auteur des agressions ? D'autant que les vidéos amateurs prises de nuit ne permettent pas de voir grand-chose. Des photos plus parlantes permettent d'identifier le père de famille et ses deux enfants. D'ailleurs, l'impression que laisse l'audience, c'est que le père de famille a voulu protéger ses deux fils car il ne reconnaît pas les photos de ses enfants lorsqu'elles lui sont montrées durant la procédure. Il estime avoir été lui-même victime de coups, mais il ne se rend pas au commissariat pour porter plainte et ne fait pas constater ses blessures sur le moment. "Mon client a eu tort de rendre un coup après en avoir reçus", poursuit maître Jehanno.

"C'est à l'image du climat politique actuel"

Une chose est certaine dans ce méli-mélo d'informations contradictoires : deux militants de gauche sont sérieusement blessés : un médecin légiste du CHU de Nîmes délivre une ITT de 10 jours et une autre de 14 jours aux deux colleurs d'affiches.

Pour les deux jeunes frères, neveux d'un homme politique proche de la tête de liste Franck Proust, "qu'est-ce qu'ils ont fait exactement, qu'est-ce qu'on reproche à mes deux clients précisément ?", s'interroge Me Carmelo Vialette. "Sur les vidéos, il s'agit de moments choisis, une vidéo a été coupée avant, il s'agit d'un montage dans lequel personne n'est capable ici de dire qui a frappé, qui est victime et qui a fait quoi", poursuit le pénaliste nîmois qui réclame des relaxes.

Le son de cloche est différent du côté des deux principales victimes représentées par maître Annélie Deschamps. L'avocate nîmoise balaie méthodiquement les propos des militants de droite, "des propos qui n'ont aucune crédibilité", lorsqu'un jeune homme "affirme ne pas reconnaître ses cousins sur une photo". "Il n'y a aucune crédibilité pour les trois membres de cette famille, trois hommes qui sont intervenus pour régler leurs comptes et imposer leurs lois", enfonce la procureure. "Un homme ne pouvait plus ouvrir les yeux, il a perdu une dent", complète la représentante du ministère public.

Un nouveau procès dans les prochains mois

"Une quinzaine de personnes est venue en découdre contre quatre militants de gauche", détaille maître Deschamps. "Il est déplorable et scandaleux d'en arriver là. Il est déplorable qu'un homme vienne en découdre avec ses fils et qu'il n'assume pas ses responsabilités (...) C'est à l'image du climat politique actuel où il y a un véritable affrontement", estime le conseil des victimes.

Le tribunal correctionnel a donc condamné les trois membres de la même famille - le père et ses deux fils - à des peines identiques. Ils sont sanctionnés à hauteur de 18 mois de prison avec sursis, d'un stage de citoyenneté pour chacun et d'une privation du droit d'éligibilité. Ils ont décidé de faire appel de cette décision selon les deux avocats de la défense, maîtres Jehanno et Vialette. Un nouveau procès sera donc programmé dans quelques mois devant la cour d'appel de Nîmes... Un militant de gauche, qui avait été grièvement blessé avec 14 jours d'ITT, a également été condamné. Il écope de 800 euros d'amende pour avoir frappé, avec un balai, un concurrent de droite qui ne s'est pas constitué partie civile.

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