“Vous êtes majoritaires. Vous perdez les élections.” Le ton est donné dès la couverture. Né à Nîmes, où il a grandi, Samuel Lafont, entrepreneur et conseiller politique, signe avec “Hold-Up” un essai consacré à ce qu’il appelle le “braquage électoral” en cours en France. Selon son éditeur, le livre se veut “une réflexion de fond sur notre démocratie et un manifeste contre le système électoral français”. Depuis 2021, le Gardois est un proche d'Éric Zemmour, fondateur du parti d'extrême droite Reconquête et candidat à l'élection présidentielle de 2022. Depuis 2024, Samuel Lafont occupe le poste de directeur communication, stratégie numérique et levées de fonds du parti.
Un scrutin qui fabrique des “majorités artificielles”
Au cœur de sa démonstration, le scrutin majoritaire, qui transforme selon lui “une majorité de Français en minorité de députés”. L’auteur estime que ce mode de scrutin “jette des millions de bulletins à la poubelle”, impose le “vote utile” et “fabrique des majorités artificielles contre la majorité du pays”. Pour étayer son propos, il cite plusieurs élections législatives. En 1988, la droite et le FN totalisaient 50,2 % des voix au premier tour, mais la gauche a remporté l’Assemblée. En 2017, les macronistes ont obtenu plus de 60 % des sièges avec 32 % des voix, tandis que le FN, avec plus de 13 %, décrochait à peine 1 % des sièges. En 2022, Reconquête a recueilli 4,25 % des voix sans obtenir un seul député. En 2024, enfin, le RN et ses alliés sont arrivés en tête avec 33,37 % des voix, mais n’ont obtenu que 143 sièges, devenant la troisième force de l’Assemblée. “Ce n’est pas un accident. C’est la règle du jeu”, affirme l’auteur.
“Elle rendra la majorité à la majorité”
La solution, pour Samuel Lafont, passe par la proportionnelle. Il en fait la condition de toutes les autres réformes, de la sécurité à l’immigration, en passant par le pouvoir d’achat, l’école ou le logement. “Elle rendra la majorité à la majorité”, résume-t-il.
Le sujet revient régulièrement dans le débat politique français. Ses partisans y voient une représentation plus fidèle des électeurs. Ses détracteurs, eux, défendent le scrutin majoritaire au nom de la stabilité des gouvernements, et craignent qu’une Assemblée élue à la proportionnelle peine à dégager des majorités.