“On a arrêté un parcours qui partira à 14h, en bas de l’avenue Jean-Jaurès, devant le lycée”, annonce la secrétaire générale de la CGT. Ce point de départ n’a pas été choisi au hasard. “On a proposé ce parcours par rapport à la mobilisation lycéenne et étudiante, en cours depuis plus d’une semaine. Nous sommes en appui, en soutien à leur mobilisation, et nous tenions à les intégrer à cette journée interprofessionnelle.” Le cortège parcourra entre 4 et 5 kilomètres avant de se disperser devant la préfecture. Déposé il y a une quinzaine de jours, le parcours est connu de la préfecture, et à aucun moment il n’a été question de le modifier, selon les syndicats. Dans le reste du département, des manifestations partiront à 10h des sous-préfectures d’Alès et du Vigan, ainsi que de la mairie de Bagnols-sur-Cèze.
“Un ras-le-bol généralisé”
Pour l’intersyndicale, cette journée s’inscrit dans un enchaînement de mobilisations, depuis septembre, dans plusieurs secteurs, puis chez les lycéens et les étudiants. “Ces bientôt dix années de macronisme ont créé une situation de colère, qui se transforme en volonté d’en finir”, estime la responsable de la CGT. “Le carburant, le logement, l’alimentation, tout augmente, sauf les salaires et les pensions.” Les syndicats dénoncent aussi le projet de budget 2027 : “Ce sont encore les salariés, les retraités et les malades qui doivent payer la facture, et pas les grandes entreprises.” Ils réclament une hausse des salaires, des pensions et des minima sociaux, des investissements dans les services publics, “à l’os”, et la défense de l’industrie et de l’emploi, alors que plusieurs sites gardois ont été mis à mal ces dernières années. “Les mobilisations ne cesseront pas tant que le gouvernement n’aura pas répondu aux revendications.”
Fonction publique et éducation en première ligne
Les représentants de la fonction publique ont insisté sur la question des salaires. “Cela fait plus de dix ans que les salaires des fonctionnaires ne sont pas revalorisés. Plus de 800 000 fonctionnaires vivent aujourd’hui en dessous du Smic et doivent toucher une indemnité différentielle pour l’atteindre”, souligne une syndicaliste, qui réclame aussi “une fiscalité plus juste”. Selon un autre intervenant, les fonctionnaires ont perdu plus de 20 % de pouvoir d’achat en vingt ans. Côté éducation, un représentant pointe l’annonce de la suppression de 1 500 postes d’enseignants, et la situation de personnels de l’État maintenus à temps partiel imposé. “On a des collègues avec plus de quinze ans d’ancienneté qui touchent à peine 1 000 euros par mois.” Il apporte aussi son soutien aux revendications lycéennes sur Parcoursup, l’organisation du bac et les emplois du temps : “Ce pour quoi on s’est battus il y a sept ans, ils le rejoignent aujourd’hui.”
Un service d’ordre renforcé
Les syndicats ont également dénoncé ce qu’ils qualifient de “dérive autoritaire”, entre “répression” dans la rue et “généralisation des interdictions de manifester”. Ils ont évoqué l’agression, samedi, d’un militant de Solidaires, qui aurait eu le nez fracturé. Selon eux, les auteurs sont des militants d’ultradroite. Dans ce contexte, l’intersyndicale annonce un service d’ordre renforcé pour jeudi, notamment pour encadrer les jeunes. “Le risque zéro n’existe pas, donc on prend des moyens supplémentaires”, explique une représentante. “Mais nous sommes là pour sécuriser notre cortège, pas pour faire la police.” Les syndicats rappellent qu’à Nîmes, leurs cortèges se sont toujours déroulés sans incident. Selon eux, les violences constatées ces dernières semaines se sont produites “en dehors des cortèges organisés”, et elles relèvent de “la responsabilité de l’État”.