Samedi à Nîmes, près de 2 000 manifestants ont défilé pour dénoncer un pouvoir d'achat en berne. Les lycéens, moins nombreux, ont également tenu à descendre dans la rue, à la fin des vacances de la Toussaint, pour rappeler leurs inquiétudes face à l'avenir. Et quoi qu'en dise le gouvernement, la colère est loin d'être retombée. Certes, la mobilisation recule à l'échelle nationale. Mais dans la capitale du Gard, elle a retrouvé de la vigueur. Après 1 500 manifestants le 17 octobre, puis 600 une semaine plus tard selon la préfecture, ils étaient près de 2 000 samedi dernier. Preuve que les congés n'ont pas éteint la colère. Cette semaine risque d'ailleurs de démontrer l'impérieuse nécessité, à six mois de l'élection présidentielle, d'entendre enfin ces citoyens exaspérés par plus de deux années d'immobilisme politique depuis la dissolution de juin 2024. Sans oublier les conséquences d'une crise économique qui n'en finit plus de peser sur le quotidien des Français. Les forces de sécurité, policiers et gendarmes, sont elles aussi à bout de souffle. Depuis trois samedis, elles doivent sacrifier leur repos et mobiliser toute leur énergie pour assurer la sécurité dans les villes, moyennes et grandes. Avec cette inquiétude permanente de voir la colère populaire dégénérer. À Nîmes, la bonne nouvelle, c'est que les échauffourées n'ont pas été au rendez-vous. Les casseurs non plus. Jusqu'à quand ? Difficile de le savoir. Car jeudi prochain, la convergence des colères pourrait bien raviver les inquiétudes. Et remettre une nouvelle fois les forces de l'ordre sous pression. Cependant, dans cette période si incertaine, si anxiogène, il est parfois bon de garder un peu le sourire. Tout ne va pas si mal au point de renoncer à rire. Même quelques secondes. Samedi, les gendarmes du Gard étaient mobilisés au cœur de Nîmes pour contrôler les véhicules qui pénétraient dans l'Écusson. Et à l'occasion de la vérification d'un coffre, la surprise a été de taille pour les militaires. À l'intérieur, tout un arsenal de jouets pour adultes. De quoi changer quelque peu des objets dangereux habituellement recherchés. Le conducteur, visiblement peu embarrassé, n'a pas hésité à expliquer les raisons de ce chargement pour le moins audacieux. Il était attendu à une soirée commerciale pour présenter les derniers produits à la mode en matière de plaisir. De quoi rassurer les gendarmes. Ces objets n'avaient visiblement pas vocation à finir projetés contre les vitrines des commerces nîmois. Une poignée de secondes de légèreté, au milieu d'une journée sous tension. Un sourire partagé avant de reprendre le sérieux des opérations. Finalement, c'est peut-être aussi cela qui manque cruellement à notre beau pays. La capacité de sourire encore, même lorsque tout semble aller de travers.
Publié il y a 42 min -
Mise à jour le 02.11.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL La colère est toujours là, mais le sourire aussi
À Nîmes, la mobilisation sociale reste forte malgré les vacances de la Toussaint. À six mois de la présidentielle, la colère persiste et les forces de l'ordre sont sous pression. Mais au milieu des tensions, une scène insolite a offert aux gendarmes gardois un moment de légèreté. Et quelques bonnes raisons de sourire.
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Abdel Samari