Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.10.2026 - Olivier Lemierre - 2 min  - vu 84 fois

ARLES Environ 200 personnes bravent l’interdiction de manifester

Près de 200 personnes ont défilé pacifiquement dans les rues d'Arles.

- O.L.

"On ne peut pas empêcher les gens de s’exprimer, de manifester leur colère" lâche Jérôme. Ce 24 octobre au matin, environ 200 personnes, dont beaucoup de jeunes, ont fait fi de l’interdiction préfectorale. Sous le regard attentif des forces de l’ordre, ils ont défilé pacifiquement et à visage découvert dans les rues de la ville mais n’ont pu bloquer la RN113 comme la semaine passée. La police a fait barrage.

"Je suis un peu stressé. C’est ma première manif sous une dictature". Arrivé vers 9h30 devant le kiosque à musique, ce père de famille arlésien brandit sa pancarte comme un étendard. "J’ai trois enfants, je veux qu’ils puissent s’exprimer. Manifester, c’est un droit. Certes la semaine passée il y a eu des débordements en marge des manifs. Mais j’étais à Paris avec eux place de la République, on a été gazé alors qu’on ne faisait rien. Il ne faut pas s’étonner de ce qui se passe" ajoute-t-il.

Si la préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit toutes les manifestations dans le département, à l’exception d’une seule organisée par la CGT à Marseille, environ 200 personnes étaient présentes au kiosque à musique vers les 11h. Des lycéens, comme Amaury, qui déplore la faible mobilisation de la jeunesse étudiante. "On pouvait espérer des avancées, mais là on avance plus vers une dictature, l’État déploie l’armée. Je me demande si le gouvernement ne rajoute pas du bois dans le feu. Il y a encore plus de colère qu’avant. On verra ce qui se passera après les vacances scolaires".

Tandis qu’une douzaine de jeunes enchaînent sur la piste du kiosque à musique les chants révolutionnaires de mai 68 et même de la Commune de Paris, Sara, 80 ans, les observe avec bienveillance. "Je suis retraitée de l’enseignement, je viens avec mon gilet jaune par solidarité, pour la réduction des inégalités et des injustices, et pour les problèmes de pouvoir d’achat de ceux qui ont la mal vie. Je suis une militante depuis toujours, c’est dans mes gènes, et je serai toujours là tant que je serai valide".

Pas de blocage de la RN113

Vers onze heure, le cortège ouvert par la jeunesse prend la direction du rond point de la Croisière, y reste un moment puis descend le boulevard Émile Combes avant de bifurquer vers les arènes et de faire une petite pause devant la préfecture. "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas ; pour l’honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, on est là".

La police a empêché le blocage de la RN113. • O.L.

Les chants se succèdent ainsi que les slogans contre le RN, et les appels aux passants sur le marché : "Ne nous regardez pas, rejoignez nous ! ". Il est un peu plus de 12h15 et la manif qui ne rassemble plus qu’une centaine de personnes se dirige vers la RN113. La police nationale, jusque là très discrète, se positionne pour en interdire le blocage. Cela a été le cas la semaine passée. Le commissaire prend son mégaphone et avertit : "Toute entrave à l’ordre public sera l’objet de poursuite individuelle. L’attroupement est interdit. Nous avons mis en action les caméras piétons. Les images seront exploitées en cas de délit ".

L’avertissement n’a été donné qu’une seule fois. Les manifestants qui sont restés totalement pacifiques pendant plus de deux heures se sont alors dispersés dans le calme.

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