Publié il y a 57 min - Mise à jour le 24.10.2026 - Anthony Maurin - 3 min  - vu 29 fois

CULTURE "Le catholicisme face au paysage", une expo à découvrir

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo d'illustration Anthony Maurin)

« Le catholicisme face au paysage » et une exposition inédite de la Conservation départementale du Gard. Elle est à découvrir jusqu’au 9 mai 2027 au Musée laïque d’art sacré du Gard de Pont-Saint-Esprit.

L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo Anthony Maurin)
L’Assomption de la Vierge par Nicolas Mignard est à redécouvrir à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor (Photo d'illustration Anthony Maurin)

En effet, le musée laïque d’art sacré du Gard de Pont-Saint-Esprit propose une nouvelle exposition consacrée à la place du paysage dans la peinture chrétienne occidentale. Intitulée « Le catholicisme face au paysage (XIVᵉ-XXᵉ siècle) », elle invite le public à découvrir comment la représentation de la nature s’est progressivement imposée dans l’art religieux, du Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.

Après une année consacrée à l’art brut, la Conservation départementale du Gard propose d’initier un nouveau cycle autour du paysage, longtemps tenu pour un genre mineur dans la hiérarchie académique des arts.

Depuis le XVIIᵉ siècle, l’Académie royale de peinture et de sculpture plaçait en effet la peinture d’histoire au sommet des genres, reléguant le paysage derrière le portrait et la scène de genre, juste avant la nature morte.

« Progressivement, le paysage conquiert une reconnaissance propre, jusqu’à s’imposer, à la fin du XIXᵉ siècle, comme un sujet artistique à part entière. D’abord cadre de représentation et espace de réflexion, il devient aussi, pour de nombreux artistes, un territoire d’expérimentation et de liberté », indique Lucienne Del’Furia, conservatrice en chef du patrimoine, et directrice de la conservation départementale du Gard.

Parmi les objets phares du musée laïque d'art sacré, il y a le sarcophage de la dame Kaa-Iset, estimé à 330 avant notre ère. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Après avoir inauguré ce cycle avec une exposition consacrée aux « Vues et monuments emblématiques » de Villeneuve-lez-Avignon, le musée laïque d’art sacré de Pont-Saint-Esprit propose d’explorer l’évolution du paysage dans la peinture catholique, du XIVᵉ au XXe siècle.

Loin d’écarter le paysage, le catholicisme lui accorde progressivement une place significative dès son apparition dans l’iconographie religieuse européenne, à la fin du XVᵉ siècle. Manifestation de la puissance divine, support de méditation ou évocation plus ou moins lointaine du Paradis, il interroge la place accordée au monde visible dans la représentation sacrée : reflet du réel, ouverture vers le ciel ou image d’un jardin céleste ? Les réponses, variables selon les époques et les pays, témoignent toutes de l’importance accordée au sujet.

Pour Lucienne Del’Furia, « À partir d’œuvres issues du parcours permanent, enrichi par plusieurs emprunts, l’exposition invite à explorer la place, la symbolique et les métamorphoses du paysage dans l’imagerie catholique. Du fond abstrait ou doré, hérité du modèle byzantin, à l’émergence progressive d’un espace figuré puis à son plein déploiement hors du monde orthodoxe, le parcours met en lumière une évolution à la fois esthétique et spirituelle. Quelques pièces sorties des réserves viennent également conforter le propos, montrant combien cette évolution du regard porté sur le paysage dépasse le seul champ de la peinture pour irriguer d’autres formes de création. »

Le blouson de Johnny Hallyday exposé au Musée laïque d'Art Sacré du Gard, à Pont-St-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Des monuments historiques de Villeneuve-lez-Avignon aux œuvres religieuses du musée laïque d’art sacré, ces expositions proposent ainsi deux approches singulières et complémentaires du paysage. Elles invitent le visiteur à porter un regard renouvelé sur ces créations, en révélant la richesse de leurs significations et la diversité des sensibilités qu’elles convoquent.

Des rendez-vous sont organisés pour prolonger la découverte tout au long de l'exposition, comme la conférence « Le catholicisme face au paysage », par Philippe Martin, directeur de l’Institut supérieur d'études des religions et de la laïcité et professeur à l'université Lyon 2, le 6 novembre 2026 à 18h30.

Il y aura aussi un atelier d’initiation artistique « Les paysages en aquarelle », animé par Guillaume Gamache, et des visites guidées de l’exposition avec une médiatrice culturelle de la Conservation départementale du Gard.

Et comme vous serez sur place… Sachez que vous êtes dans la maison des chevaliers !

Les jardins du Musée d'Art sacré de Pont-Saint-Esprit (DR)

Le musée laïque d’art sacré du Gard (Maison des chevaliers), est situé dans une vaste demeure de marchands du Moyen Âge, les Piolenc. Ses magnifiques plafonds peints des XIVᵉ et XVᵉ siècles témoignent à la fois de la richesse et de la puissance de cette famille, mais aussi de l’histoire de Pont-Saint-Esprit.

Les collections d’art sacré qui s’y déploient offrent une vision croisée de différentes cultures et spiritualités du monde. Chefs-d’œuvre de la peinture ancienne, croix de mariniers, sarcophage égyptien, poupées amérindiennes ou encore blouson de scène de Johnny Hallyday, sont quelques-uns des objets exposés proposant une réflexion sur la notion d’art sacré à travers le temps et l’espace.

Façade ouest et entrée de la Maison des chevaliers qui abrite le musée d'art sacré du Gard Photo DR

Quel rapport y a-t-il entre une Vierge romane, une statuette de soldat provenant d’un tombeau chinois, un masque africain et une icône crétoise ? Différent des traditionnels musées des Beaux-Arts, le musée laïque d’art sacré du Gard rassemble des objets que l’on n’a pas l’habitude de voir cohabiter. La signification de ces œuvres est aujourd’hui obscure pour la plupart d’entre nous. Le musée laïque d’art sacré du Gard propose une approche culturelle audacieuse et originale de l’art sacré et vous éclaire sur le sens des œuvres de sa collection.

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