Il y avait plusieurs anniversaires à célébrer, mercredi soir, au siège de l’Œuvre de la Miséricorde, quai Boissier-de-Sauvages à Alès. Le président Bernard d’Abrigeon, la directrice Guilhene Thomas, les salariés, les bénévoles et plusieurs représentants du territoire se sont réunis pour marquer trois étapes importantes dans l’histoire de cette institution alésienne : plus de 275 ans d’action sociale, 190 ans d’existence en tant qu’association et plus de 160 ans depuis sa reconnaissance d’utilité publique.
Devant les invités, Bernard d’Abrigeon a retracé les grandes étapes de cette histoire, qui prend racine dans le Alès du XVIIIᵉ siècle. À l’époque, la ville accueille un hospice où sont soignés les plus pauvres, dans un contexte marqué par les guerres, les épidémies et la misère. En 1751, un bureau des dames de la Miséricorde est institué pour venir en aide aux personnes démunies, notamment celles qui ne peuvent solliciter publiquement la charité.
L’association prend officiellement sa forme laïque en 1835, à la suite d’une décision du conseil municipal. Elle poursuit depuis son action sur le territoire, tout en faisant évoluer ses missions au gré des besoins sociaux. Le 10 décembre 1865, elle est reconnue d’utilité publique.
De la charité à la protection de l’enfance
Au fil des décennies, l’Œuvre de la Miséricorde a accompagné différents publics : personnes pauvres, malades, réfugiés, jeunes filles en difficulté et enfants abandonnés. À partir des années 1960, l’association réoriente progressivement son activité vers l’aide à l’enfance. En 1965, elle est habilitée comme maison d’enfants à caractère social.
Aujourd’hui, elle accompagne plus d’une centaine d’enfants, d’adolescents et de jeunes majeurs, âgés de 3 à 21 ans. Son activité s’organise autour de plusieurs services et lieux d’accueil, notamment à Alès, Saint-Ambroix, Bessèges et Massillargues-Attuech. Internat, lieu de vie, accompagnement éducatif ou accueil de jour : les dispositifs répondent à des situations et à des besoins différents.
« Depuis plus de deux siècles, l’association se transforme pour répondre aux besoins de son époque », a rappelé Guilhene Thomas, directrice de la structure. Derrière cette histoire, elle a surtout souhaité mettre en lumière le travail des équipes, des éducateurs aux travailleurs sociaux, en passant par les psychologues, les surveillants de nuit et les personnels administratifs et techniques.
« Accueillir, protéger, éduquer et permettre à chaque enfant de retrouver son chemin vers l’autonomie et la confiance en l’avenir » : la directrice a résumé ainsi les missions quotidiennes de l’association. Elle a également évoqué la nécessité de poursuivre les adaptations et de développer de nouvelles réponses pour les enfants et les familles qui ne bénéficient pas encore d’un accompagnement.
Un héritage à faire vivre
Présent pour l’occasion, le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a salué le travail mené par l’association et ses équipes. Il a souligné leur rôle auprès des jeunes en difficulté et leur contribution à la vie du territoire. « Vous êtes un des piliers essentiels de cette société alésienne », a-t-il déclaré, assurant que la Ville resterait aux côtés de la structure.
Pour Bernard d’Abrigeon, cet anniversaire est aussi l’occasion de rappeler la continuité de l’engagement associatif, malgré les transformations de ses missions. L’Œuvre de la Miséricorde est passée d’une logique historique de charité à un accompagnement de l’enfance inscrit dans le cadre de la solidarité publique, avec des équipes qualifiées et des missions encadrées.
Après plus de deux siècles d’histoire, l’association entend donc poursuivre son action. Au-delà des dates célébrées mercredi soir, l’enjeu reste le même : accompagner les jeunes qui lui sont confiés et leur donner les moyens de construire leur avenir.