Magna Porta. Une zone d’activité économique, espérée, autour de la gare Nîmes-Pont du Gard. Sur ce dossier, beaucoup d’élus se sont cassé les dents. L’ex-président de Nîmes métropole, Yvan Lachaud, y a usé plusieurs directeurs. Franck Proust, lui, a contractualisé avec un groupe privé pour trouver des sociétés… Sans succès, pour l’instant. Selon nos sources, une nouvelle péripétie vient de frapper le dossier : en pleine campagne des municipales, « les services de l’État ont adressé un courrier à Nîmes métropole l’informant d’un changement de doctrine du CNPN (Conseil national de protection de la nature) ». Concrètement : « L’Agglo doit tenir compte des compensations jugées insuffisantes de la SNCF pour la construction de la gare et d’Oc’Via pour les voies ferrées. »
Des compensations sans fin ?
Aujourd’hui, Nîmes métropole, par l’intermédiaire de la Société publique locale Agate, a déjà acquis autour de 160 hectares de foncier compensatoire. Argent public dépensé : entre 4 et 5 M€. En 2019, l'objectif des terrains à urbaniser était de... 140 hectares. Un périmètre considérablement revu à la baisse, en raison des règles de plus en plus strictes en matière d'écologie. Dernier objectif avancé : une soixantaine d’hectares - dont les trois quarts déjà achetés - pour un montant d'environ 5 M€. « En accord avec les élus, le choix a été fait de ne pas se limiter à des promesses de vente : acheter les terrains permet de justifier la maîtrise du foncier auprès de l’État », poursuit notre source.
Avec cette nouvelle péripétie, la zone pourrait être réduite à 20 hectares. Le but : utiliser les terrains déjà acquis et stopper la course effrénée aux compensations. Toutefoise, notre source le souligne : l'achat des terrains compensatoires n’est pas perdu : « Si la stratégie change, par exemple que l’Agglo décide de privilégier le développement de l’aéroport, ces terrains pourront être revendus à d’autres opérateurs qui ont besoin de compenser. » C’est moins le cas des terrains destinés à accueillir les entreprises qui, s’ils ne sont pas utilisés, seront définitivement relégués au rang de « champs de patates ».
« Les sommes engagées sont préoccupantes. Surtout dans un contexte où les collectivités sont prises à la gorge financièrement… », poursuit notre source. La baisse de 2,2 M€ des aides de l’État à Nîmes métropole, en 2027, en est une illustration. Magna Porta constitue donc un lourd héritage pour le nouveau président PCF, Vincent Bouget. D’autant que, lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les communistes étaient particulièrement hostiles à cette nouvelle gare, excentrée du centre-ville nîmois.
La Région, un allié de poids ?
Que fera Vincent Bouget ? Arrêter le projet ? Le poursuivre, en le réduisant ? « La réussite de cette gare passe d’abord par le fait de lui trouver une identité économique… Ensuite, il faut trouver des entreprises. NGE a fait pschitt ! On a été hyperdéçu… », regrette un connaisseur du sujet. Dans cet avenir obscurci, un espoir demeure : le Conseil régional. Interrogé, le vice-président chargé du développement économique, Jalil Benabdillah, l’affirme : « Avec Vincent Bouget, il y a une volonté de travailler ensemble, une méthode et, de la confiance. Sous le précédent mandat, ce n’était pas le cas… »
Les attaques répétées de Franck Proust, notamment sur les aides à l’installation des entreprises, ne facilitaient pas vraiment la coopération… Jalil Benabdillah se dit « à disposition » de Vincent Bouget pour lui apporter toute son expertise, en fonction de ses choix. La création prochaine d’une agence de développement économique, sous le patronage de la fédération nationale des agences de développement économique en France, que Jalil Benabdillah préside, devrait y concourir.