Les premières sanctions judiciaires sont tombées après les violences urbaines qui ont secoué Nîmes samedi dernier. Dans un communiqué publié ce mardi 20 octobre, la procureure de la République, Cécile Gensac, fait le point sur les suites judiciaires des interpellations réalisées par les forces de l'ordre. Au total, sept personnes, dont quatre majeurs et trois mineurs, avaient été placées en garde à vue à l'issue de plusieurs heures de violences, de dégradations et de pillages dans différents secteurs de la ville.
Lundi, les quatre majeurs ont été présentés devant le tribunal correctionnel de Nîmes dans le cadre de comparutions immédiates. Deux mineurs ont également été déférés devant le juge des enfants. Pour le troisième, les investigations n'ont pas permis de démontrer sa participation aux faits.
Une condamnation jugée insuffisante par le parquet
Parmi les dossiers examinés, celui d'un homme de 24 ans, jusqu'alors inconnu de la justice. Ce professeur de sport stagiaire dans un collège, qui aspirait par ailleurs à intégrer la réserve de la police nationale, était poursuivi pour avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre au niveau du rond-point de l'autoroute de Nîmes Ouest. Un policier avait été blessé, avec une incapacité totale de travail de trois jours. Le tribunal l'a condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Une peine accompagnée de plusieurs obligations et interdictions, notamment celle de porter une arme, de paraître sur les lieux de manifestation en Occitanie et d'indemniser les parties civiles. Il a également été condamné à deux ans d'inéligibilité. Une décision qui ne satisfait pas le parquet. Le ministère public avait requis 18 mois de prison, dont un an ferme. La procureure de la République annonce avoir décidé de faire appel de cette condamnation.
Des travaux d'intérêt général pour deux jeunes de 18 ans
Un autre jeune homme de 18 ans, poursuivi pour participation avec arme à un attroupement dans le centre-ville, a été condamné à 70 heures de travail d'intérêt général. Il lui est aussi interdit de porter une arme et de manifester. Selon les éléments communiqués par le parquet, il avait lancé des objets alors qu'il se trouvait dans un cortège, mais en dehors d'une confrontation avec les forces de l'ordre. Le ministère public avait requis 12 mois de prison avec sursis probatoire.
Dans le dossier concernant les tentatives de pillage du magasin Boulanger et d'une maroquinerie située à proximité, un autre jeune homme de 18 ans, lui aussi inconnu de la justice, a été condamné à 70 heures de travail d'intérêt général, assorties d'une interdiction de manifester en Occitanie. En revanche, le tribunal l'a relaxé des faits de tentative de vol. Deux mineurs impliqués dans cette procédure ont été présentés devant le juge des enfants lors d'une audience de culpabilité et placés sous contrôle judiciaire.
Dix mois de prison avec sursis pour un conteneur incendié
Le quatrième majeur était poursuivi pour entrave à la circulation après avoir déplacé un conteneur en feu sur le périphérique nîmois. Déjà connu de la justice des mineurs pour des faits d'outrage et d'usage de stupéfiants, il a été condamné à dix mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Il devra également s'acquitter d'une amende de 150 euros pour dissimulation du visage sur la voie publique. Une interdiction de manifester en Occitanie a de plus été prononcée.
La procureure rappelle que les condamnations avec sursis probatoire impliquent un suivi par le juge de l'application des peines et les services pénitentiaires d'insertion et de probation. Les travaux d'intérêt général sont ainsi exécutés sous contrôle judiciaire.
Les enquêtes se poursuivent sur les pillages
Si ces premières condamnations marquent une étape judiciaire, les investigations sont loin d'être terminées. Deux enquêtes de flagrance restent ouvertes. La première concerne les pillages de trois magasins du centre-ville de Nîmes. La seconde porte sur le vol d'un véhicule de chantier, retrouvé sur place, qui aurait permis une intrusion dans le magasin Lidl, ainsi que sur les vols commis dans le magasin Action situé à proximité, sur le boulevard périphérique. Les enquêteurs poursuivent donc leurs investigations pour identifier les auteurs de ces faits et établir les responsabilités de chacun.