Publié il y a 1 h - Mise à jour le 26.10.2026 - CC - 3 min  - vu 403 fois

NÎMES "La peur doit changer de camp", les commerçants se mobilisent face aux violences

manif 24 octobre boutiques barricadees nimes

Comme le joaillier Doux, plusieurs commerces se sont barricadés samedi dernier. 

- Photo Yannick Pons

Plusieurs dizaines de commerçants nîmois ont décidé de lancer "Nîmes en fête" pour faire valoir leur droit d'ouvrir le samedi sans risquer d'être pris à partie par des casseurs. Ils demandent notamment que les manifestations soient décalées au dimanche après-midi. 

Plusieurs dizaines de commerçants nîmois se mobilisent en réaction aux vagues de violence qu’ils ont subi ces dernières semaines. Une même volonté : défendre le droit de vivre dignement de son travail et relancer l’activité du cœur de Nîmes alors que plusieurs commerces sont restés fermés samedi dernier par crainte de voir leur vitrine cassée ou de se faire piller. "Derrière chaque vitrine, il y a des heures de travail, des investissements, des salariés, des familles et des rêves. Derrière chaque commerce fragilisé, c’est une part de la vie de notre centre-ville qui est menacée", souligne l’initiateur du mouvement Olivier Sébastien, emblématique cordonnier de la rue Émile Jamais et fervent défenseur de l’artisanat.

Face aux inquiétudes provoquées par les manifestations, aux dégradations, aux pillages et à leurs conséquences sur l’activité commerciale, plusieurs commerçants du centre-ville de Nîmes ont décidé de se rassembler au sein d’une initiative collective : « Nîmes en fête. » L'ambition est claire : ne plus rester isolés, renforcer la solidarité entre commerçants et mobiliser tous ceux qui veulent préserver un centre-ville vivant, accueillant et respectueux de chacun. Une initiative portée par des commerçants volontaires du centre-ville qui choisissent de s’organiser pour défendre leur activité et contribuer à l’avenir de leur ville.

"Nous sommes là pour agir. Nous ne demandons pas de privilèges. Nous voulons pouvoir vivre dignement de notre travail, dans le respect et la sécurité. Parce que nous défendons le pouvoir de vivre. Soutenir les commerces de proximité ne se résume pas à une question de consommation ou de pouvoir d’achat. C’est une question de pouvoir de vivre, ajoute le représentant du collectif, c’est défendre des emplois, des savoir-faire, des entreprises indépendantes, des familles et des liens humains. C’est préserver ces lieux où l’on se rencontre, où l’on échange, où l’on se connaît encore. Les commerçants entendent les colères qui traversent notre société et ils respectent le droit de manifester. Mais, à leurs yeux, aucune revendication ne saurait justifier les violences, les destructions ou l’intimidation de celles et ceux qui travaillent."

Déplacer les manifestations le dimanche après-midi

Des commerçants engagés qui refusent que la peur dicte la vie des rues du centre-ville. Ils refusent aussi les amalgames : "un manifestant pacifique n’est pas un casseur, et un commerçant qui défend son activité n’est pas un adversaire de la liberté d’expression. Notre réponse n’est ni la résignation ni la confrontation. C’est la solidarité, le dialogue et l’action collective. Nous ne voulons plus avoir peur. Nîmes en fête, c’est une façon de reprendre la main : nous ne sommes pas là pour subir, mais pour agir. La peur doit changer de camp. »

La démarche repose sur trois priorités : s’entraider, en créant des liens durables entre commerçants, en partageant nos idées et en construisant des réponses communes. Agir concrètement, en imaginant des initiatives collectives pour faire découvrir les commerces, attirer les visiteurs et renforcer l’attractivité du centre-ville et rassembler largement, en invitant les habitants, les associations, les citoyens engagés et les élus de tous bords à prendre part à cette dynamique.

"Nîmes en fête appelle les pouvoirs publics, les organisateurs de manifestations et les manifestants à ouvrir un dialogue constructif avec les commerçants et les acteurs économiques. Ces commerçants souhaitent que soient étudiées des solutions permettant de concilier la liberté de manifester, la sécurité de tous et la continuité de l’activité commerciale", ajoute Olivier Sébastien. Parmi les pistes proposées : étudier avec la préfecture la possibilité de déplacer les manifestations au dimanche après-midi, lorsque la majorité des commerces de proximité sont fermés. Le collectif invite également les organisateurs et les participants à réfléchir à des parcours qui limitent les risques de dégradations. Le mouvement est ouvert aux commerçants indépendants, aux artisans, aux salariés, aux habitants, aux associations, aux citoyens engagés et aux élus de tous bords qui souhaitent contribuer à cette dynamique.

Comment participer ?

Le collectif répond : "Chaque geste compte. La solidarité n’exige ni fortune ni grand discours. Une poignée de main. Un mot réconfortant. Une visite en boutique. Une bonne adresse recommandée à un proche. Un partage sur les réseaux sociaux. Une idée, une compétence, un peu de temps. Lorsque ses moyens le permettent, choisir un commerce de proximité contribue également à soutenir une activité et des emplois locaux non délocalisables. Nous ne demandons à personne de dépenser au-delà de ses moyens. Nous invitons chacun à entretenir le lien de proximité et à faire vivre sa ville à son niveau."

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