Sébastien Hermant a 47 ans. Diagnostiqué il y a six ans, il a connu plusieurs arrêts, mais il est aujourd’hui toujours sapeur-pompier, opérationnel sur les missions ambulance de sa caserne. Il en a fait un combat. “Parkinson, c’est une mort des neurones qui fabriquent la dopamine, l’hormone du plaisir, de la motivation, le neurotransmetteur du mouvement”, explique-t-il. “Les malades sont totalement éteints par ce manque de motivation. Donc j’essaie de faire un maximum de bruit sur les réseaux pour faire connaître la maladie.”
“Le sport est le seul élément qui permet de freiner la maladie”
Selon lui, Parkinson est la maladie neurodégénérative qui progresse le plus vite dans le monde, et elle “touchera une famille sur trois ou sur quatre d’ici quelques années”. Son but : “sensibiliser la population, alerter les pouvoirs publics et promouvoir le sport”. “Le sport est le seul élément qui permet de freiner l’évolution de la maladie. C’est de là qu’est venue l’idée des 800 kilomètres de Soissons jusqu’à Nîmes.”
Pourquoi Nîmes ? Pour Anthony Desjardins, un acteur du sport nîmois avec qui il a sympathisé il y a quelques années. “À une époque où j’étais assez mal, je réfléchissais à l’association. J’ai appelé Anthony et je lui avais dit que, quand je pourrais, je le rejoindrais à Nîmes en course à pied.”
Une blessure, puis le vélo
Le parcours devait se faire entièrement en courant. Mais une blessure au fémur a contraint Sébastien Hermant à poursuivre à vélo. “Ça m’a permis de plus discuter avec les pompiers et de vivre une aventure humaine incroyable avec les collègues”, raconte-t-il. Sur la route, il a fait étape dans des casernes un peu partout en France. “La France a été bienveillante, franchement. C’était vraiment un accueil.”
Les fonds récoltés seront partagés : une moitié pour l’Œuvre des pupilles des sapeurs-pompiers, l’autre pour la recherche sur Parkinson. Les dons continuent d’arriver, et le montant de la cagnotte sera annoncé dans quelques jours. “C’est un super projet. Je suis content d’être arrivé au bout.”
Le sport l’aide aussi au quotidien. “Physiquement, ça aide, parce que le corps compense en permanence. Ça me permet d’avoir une musculature assez importante pour la maladie.” Le pompier ne compte pas s’arrêter là. Il espère récupérer ses qualifications de conducteur, notamment pour le camion-citerne et l’échelle. Il prévoyait aussi une conférence sur la maladie le 14 novembre à Soissons. “Mais là, je temporise un petit peu, je vais me reposer.”