Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 29.09.2026 - CM et AS - 5 min  - vu 897 fois

SÉNATORIALES Dans le Gard, les réactions des responsables politiques

Ce dimanche à la préfecture du Gard

Ce dimanche à la préfecture du Gard 

- Coralie Mollaret

Ce dimanche, se jouaient les élections sénatoriales dans le Gard. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) ont été réélus. La troisième place revient à Sylvie Josserand (RN).   

Le maire de Nîmes, Vincent Bouget : «  Au lendemain du vote, la gauche conserve dans le Gard un siège de sénateur, avec la réélection de Denis Bouad. Il s’agit là indéniablement d’un point d’appui pour mener à Paris les indispensables batailles politiques pour les habitantes et habitants de Nîmes. La liste de droite conduite par Laurent Burgoa perd quant à elle un siège au profit de la liste d’extrême droite conduite par Sylvie Josserand, à l’image d’un effritement national de la droite au profit de l’extrême droite. Le mode de scrutin sénatorial n’a pas permis la conquête d’un siège supplémentaire pour la gauche, dans un contexte marqué par une division. Je tiens à saluer toute l’équipe du Gard en Commun, qui n’a rien lâché pendant la campagne sénatoriale, et tout particulièrement mon amie Cathy Ville-Chaulet. Élue exemplaire ancrée dans les terres du Gard, sa voix contribue à donner du sens à l’action publique. Dans la ruralité, comme dans les villes, le recul des services publics, la situation économique et les attaques sur la dotation des collectivités pèsent lourd sur le quotidien de nos concitoyens. Face à ces situations, les discours de haine n’arrangent rien et sèment la division. Aujourd’hui, les échéances qui nous font face sont nombreuses et nous obligent à travailler d’arrache-pied pour construire des rassemblements politiques partant du quotidien et du réel des Gardois. C’est indispensable. J’y prendrai toute ma part. »

Basile Imbert, porte-parole d'Olivier Faure dans le Gard : «  Personne ne peut être surpris du résultat pour le moins annoncé du scrutin d'hier (…) D’abord, aux dernières élections municipales – et chacun doit en prendre sa part de responsabilité –, la gauche gardoise n’a pas voulu voir qu’elle avait perdu dans le département malgré sa belle victoire tant attendue à Nîmes. Partout ailleurs, nous avons perdu des communes, de façon parfois injuste, mais je crois que cette défaite tient pour beaucoup à une impréparation collective, à une absence de stratégie globale. Nous l’avons vu à Alès lorsque j’alertais les états-majors des partis des mois avant le scrutin sur le risque de passer à côté d’une possible victoire, faute d’accord départemental d'union de la gauche. On ne nous a pas pris au sérieux, on a préféré regarder que Nîmes, Nîmes à tout prix, et on a repoussé l’accord alésien pour quel résultat ? La disparition des partis de gauche au conseil municipal d’Alès, c’est-à-dire les grands électeurs de gauche qui ont manqué à Denis pour être premier du scrutin et changer la donne ! (…) De la même façon, nous n’avons pas voulu voir que les lepénistes font de la politique et travaillent énormément le terrain dans ce département, tout en ayant - eux ! -, compris le profond désir de renouvellement du personnel politique dans la population comme parmi les grands électeurs (car les grands électeurs, au fond, malgré le qualificatif de « grands » sont des gardois comme les autres, à l’image d’une société dont ils font pleinement partie). Enfin, le feuilleton un peu affligeant du parti socialiste gardois ces derniers mois a achevé de doucher nos espérances. (…) À cela est venu s’ajouter une très mauvaise gestion des divisions de la gauche, qui aurait pu être évitée si les gens s’étaient parlé plus tôt ; car depuis bientôt un an la candidature de Carole Bergeri était elle aussi annoncée quoi qu’on en dise et son score de presque 200 voix sur son seul nom, sans soutien partisan, est tout sauf anecdotique dans un tel scrutin (…)  Pour autant, cette élection, qui ne doit absolument pas virer aux inutiles et dérisoires règlements de comptes doit à présent résonner en nous comme une alerte – encore une ! – que nous ne pouvons plus passer à côté d’une époque qui a changé et adopter enfin une stratégie cohérente à l’échelle du département. La bonne nouvelle c’est qu’il n’est pas trop tard... pour peu qu’on s’en donne les moyens ! » 

Florence Dardon et Christophe Cavard, coréférents de Place publique : « Nous constatons avec inquiétude l’enracinement du RN dans notre département. La candidate Sylvie Josserand dépasse le quart des grands électeurs avec un score qui va bien au-delà de l'addition mathématique des scores aux municipales auxquelles elle aurait pu prétendre. Dans le secret de l'isoloir et, souvent en dépit de la revendication d'un non-alignement politique auprès des citoyens, des élus locaux, des grands électeurs ont permis l'élection d'une sénatrice RN qui va renforcer le groupe que le parti lepéniste pourra constituer à la haute assemblée. Les électeurs se sont tournés vers les partis traditionnels avec des scores inférieurs aux dernières élections sénatoriales. Nous constatons avec inquiétude que l’électorat de la droite républicaine glisse dangereusement vers l’extrême droite y compris chez les élus. Ce résultat valide notre choix de participer à la refondation de la gauche afin d’offrir une alternative plus que jamais nécessaire à notre département. Les primaires de la gauche sociale-démocrate vont permettre de mettre un visage, une voix et un programme sur cette espérance de changement. » 

Julien Devèze, les Centristes : "Dans le Gard, les 1 982 grands électeurs étaient appelés à désigner trois sénateurs. La liste conduite par Laurent Burgoa arrive en tête avec 601 voix, soit 31,08 % des suffrages exprimés, devant Denis Bouad avec 596 voix (30,82 %) et Sylvie Josserand avec 493 voix (25,49 %). Chacune de ces trois listes obtient un siège. Notons pour Sylvie Josserand qu'elle aura donc été successivement depuis juin 2024, députée européenne, puis députée de la 6ème circonscription du Gard, et désormais Sénatrice. Véritable Phileas Fogg de notre vie institutionnelle qui fait le tour des Parlements en 800 jours... difficile dans ces conditions de dresser un bilan d'actions... A contrario, du sérieux et de la confiance renouvelée des élus gardois pour Laurent Burgoa que nous tenons à féliciter pour sa réélection. Son travail pour la défense du territoire, de nos traditions, de nos productions a été reconnu tout en démontrant l'importance de l'union de la droite et du centre pour gagner dans notre système électoral. Élu pour la première fois en 2020, il entame ainsi un deuxième mandat. Son expérience ainsi que ses fonctions de secrétaire de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, inscrivent particulièrement son mandat dans la représentation des territoires. Le Sénat joue à cet égard un rôle précieux : celui d'une chambre moins soumise aux affres de la démagogie,  représentant les collectivités territoriales et permettant au débat parlementaire de s'inscrire davantage dans le temps long. Cette conception rejoint l'un des piliers de notre projet : faire confiance aux territoires, appliquer réellement le principe de subsidiarité et redonner au Parlement toute sa place dans la définition de nos décisions collectives."

Aurélien Colson, président du MoDem du Gard : "Le MoDem du Gard prend acte du résultat des élections sénatoriales dans notre département. Il salue la réélection de Laurent Burgoa, dont la liste de large rassemblement avait notre soutien, et de Denis Bouad, également sénateur sortant. Il note l’élection d’une sénatrice du Rassemblement national, élue députée il y a deux ans seulement, après avoir quitté le Parlement européen sans y achever non plus son mandat. Cette désinvolture ne marque pas un intérêt sincère ni pour notre territoire ni pour les problèmes de nos concitoyens. Le MoDem continuera de travailler avec tous les démocrates et républicains voulant éviter en 2027 un choc entre des extrêmes qui n’apportent aucune réponse crédible aux enjeux de notre pays."

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